Si vous ou un membre de votre famille avez été arrêté en Espagne parce qu’un autre pays en demande la remise, l’affaire se décide à Madrid, devant l’Audiencia Nacional (la haute juridiction pénale espagnole), et les délais courent dès le premier jour. Jaime Sanz de Bremond exerce le droit pénal depuis 1978 et plaide depuis des décennies devant l’Audiencia Nacional, aussi bien pour la défense que pour l’accusation. Appelez le +34 91 521 29 49 ou, pour les urgences 24 h/24 et WhatsApp, le +34 626 07 14 65. Nous parlons français.
Sanz de Bremond Abogados · depuis 1982 · Madrid et toute l’Espagne · Vous pouvez nous appeler sans aucun engagement.
L’extradition est la remise d’une personne par un État à un autre afin qu’elle y soit jugée ou qu’elle y purge une peine. Il en existe deux types :
La Constitution espagnole fixe le cadre : l’extradition n’est accordée qu’en application d’un traité ou de la loi, conformément au principe de réciprocité, et les infractions politiques en sont exclues (art. 13.3 CE). Les traités s’appliquent en premier lieu : la Convention européenne d’extradition de 1957 et les traités bilatéraux signés par l’Espagne avec des pays comme les États-Unis, le Mexique, le Brésil, le Venezuela, la Chine, le Maroc ou l’Algérie. La Ley 4/1985 s’applique à tout ce qu’un traité ne prévoit pas, ou lorsqu’il n’existe aucun traité avec le pays requérant.
Peu importe que l’arrestation ait eu lieu à Murcie, à Malaga, à Barcelone ou à l’aéroport de Madrid-Barajas. La loi attribue à la chambre pénale (Sala de lo Penal) de l’Audiencia Nacional la compétence pour les procédures d’extradition passive « quel que soit le lieu de résidence ou le lieu où l’arrestation a eu lieu » (art. 65.4 LOPJ, la loi organique du pouvoir judiciaire). La phase initiale relève de la Sección de Instrucción del Tribunal Central de Instancia (le juge d’instruction central), également à Madrid (art. 95 LOPJ), qui a remplacé les anciens Juzgados Centrales de Instrucción (tribunaux centraux d’instruction) le 31 décembre 2025.
Les faits doivent constituer une infraction dans les deux pays (double incrimination) et être passibles d’une peine d’au moins un an d’emprisonnement. Si l’extradition est demandée pour l’exécution d’une condamnation, la peine doit être d’au moins quatre mois. Si la personne a été condamnée par défaut, la remise exige des garanties d’un nouveau procès en sa présence (art. 2).
| Étape | Ce qui se passe | Délai |
|---|---|---|
| 1. Arrestation | La police arrête la personne, généralement sur la base d’une demande urgente ou d’une notice d’Interpol, et la présente au juge d’instruction de permanence du Tribunal Central de Instancia (Sección de Instrucción), qui statue sur la détention provisoire ou la mise en liberté assortie de mesures. Si l’arrestation a lieu hors de Madrid, le juge décide si la comparution se tient par visioconférence ou si la personne est transférée à Madrid. | Dans les 24 heures (art. 8.2) |
| 2. Demande formelle | Le pays requérant envoie la demande avec le jugement ou le mandat d’arrêt, les dispositions légales et une traduction officielle (art. 7). Si elle n’arrive pas à temps, la détention provisoire est levée. | 40 jours à compter de l’arrestation provisoire ; prolongés de 40 jours supplémentaires si la demande arrive à temps (art. 8.2 et 10) |
| 3. Phase gouvernementale | Le Ministerio de Justicia (ministère de la Justice) propose, et le Gouvernement (Conseil des ministres) décide, si l’affaire se poursuit devant les tribunaux (art. 9). | 8 jours + 15 jours (art. 9.3 et 9.4) |
| 4. Comparution devant le juge | Devant le juge, avec un avocat et, si nécessaire, un interprète. On demande à la personne si elle consent à la remise ou si elle s’y oppose. Le juge statue sur sa situation (détention ou liberté) et transmet le dossier à la chambre (art. 12). | Décision dans les 24 heures |
| 5. Audience | Le ministère public et la défense disposent de trois jours consécutifs pour examiner le dossier (art. 13.1). L’audience devant la chambre pénale de l’Audiencia Nacional est ensuite fixée. La personne réclamée est entendue, et seules sont admises les preuves portant sur les conditions exigées par le traité ou la loi (art. 14). | Dans les 15 jours suivants (art. 14.1) |
| 6. Décision | Ordonnance (auto) déclarant l’extradition recevable ou non. | 3 jours après l’audience (art. 15.1) |
| 7. Recours | Recurso de súplica devant l’assemblée plénière de la chambre pénale (Pleno de la Sala de lo Penal). C’est le seul recours contre la décision ; aucun magistrat ayant signé la décision ne peut en être le rapporteur (art. 15.2). | Après la décision |
| 8. Décision du Gouvernement | Si le tribunal refuse l’extradition par une décision définitive, ce refus est définitif et la personne est remise en liberté. S’il déclare l’extradition recevable, le Gouvernement peut encore la refuser pour des raisons de réciprocité, de sécurité, d’ordre public ou d’autres intérêts essentiels de l’Espagne. La décision du Gouvernement n’est susceptible d’aucun recours (art. 6, 17 et 18). | Aucun délai fixe |
| 9. Remise | Des agents espagnols remettent la personne au pays requérant. Si personne ne vient la chercher, elle peut être remise en liberté au bout de 15 jours et doit l’être au bout de 30 (art. 19). | Date fixée |
Une personne qui consent à sa remise, en l’absence d’obstacles juridiques, peut être remise sans audience devant la chambre (art. 12.2). C’est plus rapide, mais cela signifie renoncer à votre défense en Espagne. Ne donnez pas votre consentement sans avoir d’abord parlé à un avocat.
Une fois remise, la personne ne peut être jugée ou punie que pour les faits pour lesquels l’extradition a été accordée (principe de spécialité). Pour la juger pour d’autres faits antérieurs, ou pour la remettre à un pays tiers, l’État qui la reçoit a besoin d’une nouvelle autorisation de l’Espagne. Cette protection est perdue si, libre de partir, la personne reste dans ce pays plus de 45 jours ou y retourne (art. 21).
La loi impose de refuser l’extradition, entre autres cas (art. 3 et 4) :
L’extradition peut également être refusée s’il existe des raisons sérieuses de penser que la demande vise en réalité à persécuter quelqu’un en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité ou de ses opinions politiques, ou lorsque la personne a moins de 18 ans, réside habituellement en Espagne et que sa réinsertion pourrait en être compromise (art. 5).
Même lorsque le tribunal autorise l’extradition, le Gouvernement a toujours le dernier mot et peut la refuser (art. 6).
Si la demande émane d’un autre État membre de l’Union européenne, l’extradition ne s’applique pas. On utilise à sa place le mandat d’arrêt européen (orden europea de detención y entrega, OEDE), régi par la Ley 23/2014. Il est plus rapide, la double incrimination n’est pas vérifiée pour de nombreuses infractions, et le Gouvernement n’intervient pas : seul le juge décide.
| Extradition | Mandat d’arrêt européen | |
|---|---|---|
| Entre | L’Espagne et des pays hors de l’UE | États membres de l’UE |
| Qui décide | Le tribunal et le Gouvernement | Le juge seul |
| Double incrimination | Toujours exigée | Non exigée pour une liste de 32 catégories d’infractions graves (art. 47.1) |
| Ressortissants espagnols | L’Espagne ne remet pas ses ressortissants, sous réserve de ce que peut prévoir un traité | Les ressortissants espagnols sont remis, avec des garanties leur permettant de purger leur peine en Espagne |
| Loi | Ley 4/1985 et traités | Ley 23/2014 |
| Durée | Plusieurs mois | 60 jours à compter de l’arrestation si la personne ne consent pas, prolongeables de 30 (art. 54) |
Le cabinet traite régulièrement des dossiers d’extradition devant l’Audiencia Nacional. Nous avons obtenu gain de cause dans des procédures d’extradition demandées par les États-Unis, le Mexique, le Brésil, le Venezuela, la Chine, le Maroc et l’Algérie, entre autres pays. La plupart de ces dossiers ne sont pas rendus publics, par discrétion envers nos clients.
Un dossier public : nous avons participé à la défense de Komi Koutché, ancien ministre de l’Économie et des Finances du Bénin, dont l’Audiencia Nacional a refusé l’extradition en 2019. L’Espagne n’a pas de traité d’extradition avec le Bénin.
Jaime Sanz de Bremond est inscrit au barreau de Madrid (Ilustre Colegio de Abogados de Madrid, ICAM) depuis 1978 et a fondé le cabinet en 1982. Nos bureaux se trouvent C/ Conde de Xiquena 5, 2º, 28004 Madrid, à quelques minutes de l’Audiencia Nacional.
Pour les règles propres à certains pays, consultez nos pages : Extradition vers les États-Unis, Extradition vers le Mexique, Extradition vers le Venezuela, Extradition vers le Maroc et Extradition vers la Chine.
Non. La Ley 4/1985 sur l’extradition passive interdit l’extradition des ressortissants espagnols (art. 3.1), sous réserve de ce que peut prévoir un traité. La nationalité est appréciée au moment où le tribunal statue, et elle n’est pas prise en compte si elle a été acquise pour éviter la remise. Si l’extradition est refusée pour ce motif, le pays requérant peut demander que les faits soient jugés en Espagne (art. 3.2). Au sein de l’Union européenne, les règles sont différentes : les ressortissants espagnols peuvent être remis en exécution d’un mandat d’arrêt européen.
L’affaire se décide toujours à Madrid : la chambre pénale de l’Audiencia Nacional statue sur toutes les extraditions passives, quel que soit le lieu de l’arrestation ou de résidence de la personne (art. 65.4 LOPJ). Ce qui compte, c’est que votre avocat connaisse l’Audiencia Nacional. Nous traitons des dossiers de toute l’Espagne depuis notre cabinet de Madrid.
Cela dépend du dossier et du pays, et surtout du fait que la personne consente ou non et des recours exercés contre la décision. Une extradition consentie peut être réglée en quelques semaines. Une extradition contestée prend généralement plusieurs mois et peut dépasser un an en cas de recours devant l’assemblée plénière de la chambre puis de recours d’amparo devant le Tribunal constitutionnel. Nous ne pouvons pas vous donner de chiffre précis sans avoir vu le dossier.
Oui, c’est possible. Le juge peut accorder la mise en liberté assortie de mesures destinées à éviter la fuite : présentation périodique au tribunal, remise du passeport, interdiction de quitter un lieu sans autorisation, surveillance au domicile ou caution (art. 8.3). Pour la demander, vous devez justifier d’attaches en Espagne : un domicile, un emploi et une famille.
L’extradition reste possible, mais uniquement sur le fondement du principe de réciprocité : l’Espagne remet une personne si ce pays remettrait lui aussi quelqu’un à l’Espagne dans un cas équivalent (art. 13.3 de la Constitution espagnole et art. 1 de la Ley 4/1985). Le Gouvernement peut exiger du pays requérant qu’il garantisse la réciprocité. Vérifier s’il existe un traité, et ce qu’il prévoit, est l’une des premières tâches de la défense.
Oui. Une décision de l’Audiencia Nacional déclarant l’extradition recevable ne lie pas le Gouvernement, qui peut la refuser pour des raisons de réciprocité, de sécurité, d’ordre public ou d’autres intérêts essentiels de l’Espagne (art. 6). L’inverse n’est pas vrai : si le tribunal refuse l’extradition par une décision définitive, le Gouvernement ne peut pas l’accorder.
Dans une affaire d’extradition, les premières heures comptent : la position adoptée lors de la première comparution et la demande de mise en liberté se décident presque immédiatement. Exposez-nous votre situation, ou celle de votre proche, en toute confidentialité. Vous pouvez nous appeler sans aucun engagement. Contactez-nous.